8 conseils clés pour intégrer le marché du droit des affaires

 

Au sein du cabinet d’affaires Mayer Brown, Matthieu Galian, Fondateur de Bridge Consulting, un cabinet de Consulting en Stratégie et Ressources Humaines, ainsi que le département des Relations Entreprises de l’école HEAD répondent aux interrogations des étudiants sur la thématique suivante :

« RÉUSSIR SON INSERTION EN DROIT DES AFFAIRES »

S’informer sur le marché du droit des affaires

1.   Avocat d’affaires : un métier prenant ?

Le métier d’avocat d’affaires consiste à délivrer une prestation de services sous la forme d’un conseil à ses clients. Matthieu Galian souligne que la charge de travail d’un avocat d’affaires qui est globalement assez dense est surtout fonction du type du cabinet et de la rémunération. Le juriste désireux d’intégrer un cabinet d’avocats de renom doit alors accepter ce système dès le départ.

2.  Vers une typologie des cabinets ?

On retrouve d’abord les Big Four qui sont les 4 plus grands groupes d’audit financier au niveau mondial : Deloitte, EY, KPMG et PricewaterhouseCoopers. Hormis KPMG, ces firmes présentent toutes une activité avocat atypique du fait de la proportion de fiscalistes très élevée.

Viennent ensuite les firmes anglaises du Magic Circle : Allen & Overy, Clifford Chance, Freshfields Bruckhaus Deringer, Linklaters et Slaughter & May notamment. Ces acteurs planétaires, de taille très importante, suivent une « logique de firme » : ils mettent en place un marketing de firme par lequel le client appartient à la firme et non à l’avocat.

Enfin, les firmes américaines se rapprochent de la logique des cabinets français dans le sens où celles-ci sont généralement plus petites que les cabinets anglais et développent une relation avocat-client forte et intime.

3.   Pour quelles rémunérations ?

Les salaires varient considérablement selon les structures. D’une manière générale, les firmes américaines sont celles qui rémunèrent le plus, suivies des firmes anglaises puis des cabinets d’avocats français. Matthieu Galian met cependant en garde : une rémunération annuelle de 100 K$ pour un collaborateur 1ère année implique nécessairement de traiter avec un grand nombre d’interlocuteurs sur des dossiers volumineux et sujets à des deadlines contraignantes. Cela génèrera une forte pression sur les épaules du jeune avocat qui ne comptera pas ses heures. La contrepartie est qu’il « fera ses classes » plus rapidement car il rencontrera une multitude de situations dans un lapse de temps concentré.

Il est possible d’évoluer dans un environnement de travail plus calme, notamment au sein de cabinets d’avocats « de niche » plus techniciens et moins transactionnels. La rémunération s’en trouve alors réduite.

4.   L’essor du digital, un véritable virage dans l’exercice des métiers du droit ?

La digitalisation génère des opportunités et des défis à relever dans les métiers du droit. Il faut désormais accepter que le travail du juriste et de l’avocat va être modifié. Selon Matthieu Galian, 80% des tâches mécanisables seront comprimées. Ceci permettra au juriste de se concentrer sur la réflexion créative et stratégique.

5.   Quelle direction juridique intégrer ?

Avant d’intégrer une direction juridique, le futur juriste d’entreprise a tout intérêt à identifier les secteurs de l’économie où la fonction juridique est clé, tels que dans les secteurs bancaires et de l’assurance. En effet, un business qui repose sur une forte relation contractuelle permettra au juriste d’entreprise de jouer un rôle prépondérant dans la stratégie de l’entreprise. Ainsi, il se sentira valorisé du fait de son intervention en amont des transactions.

Se démarquer dans le marché du droit des affaires

1.   CAPA : une certification indispensable ?

Sans détour, Mathieu Galian tranche la question de savoir s’il est réaliste de travailler en cabinet d’avocats sans CAPA : « ce n’est pas impossible, mais c’est très compliqué ». Cette vérité assez directe s’explique par l’image que le cabinet préfère véhiculer vis-à-vis du client et de responsabilité juridique qui en découle. En effet, l’absence du statut d’avocat soulève des questions d’assurance, de signature et d’engagement du cabinet.Cependant, il reste possible d’intégrer un cabinet d’avocat sans CAPA dans le cas où le juriste est très spécialisé dans une matière. Par exemple, un cabinet d’avocats peut être intéressé par un profil de juriste sur l’expertise duquel il pourra s’appuyer.

2.   What about English ?

Pour s’insérer comme pour progresser en cabinet d’avocats, la maîtrise de l’anglais est tout simplement impératif.« Je considère aujourd’hui qu’il est criminel de ne pas parler anglais » ajoute Matthieu Galian avec ironie. C’est une évidence dans un contexte où les opérations transfrontalières sont omniprésentes.Afin de progresser rapidement en anglais, il vous est vivement conseillé de lire régulièrement la presse : « consacrez 15 minutes par jour, 7j/7, à la lecture en anglais et vous progresserez en 4 semaines » encouragent les intervenants.

3.   Les formations complémentaires, quel impact sur l’employabilité ?

Il est fondamental de toujours chercher à acquérir de nouvelles compétences. Pour ce faire, diverses opportunités sont à envisager pour les étudiants qui souhaitent se démarquer et booster leur insertion.

On peut d’abord faire le choix d’un bain culturel par le biais d’un programme d’échanges ou un LLM. En plus de pratiquer l’anglais de manière intensive, cette expérience est très riche pour le juriste car il appréhendera un système de droit qui lui est nouveau et se confrontera à une autre approche d’apprentissage.

Ensuite, l’étudiant en droit peut effectuer un Mastère en vue de donner une dimension autrement professionnalisante à son cursus universitaire pour compléter son profil de juriste grâce à des travaux de groupes, et notamment des mises en situations réelles.

Enfin, l’étudiant juriste a également intérêt à développer des savoir faire pratiques grâce à des expériences de stages.

 

Pas encore de commentaire

Ajouter un commentaire