Conférence : Quelles sont les compétences attendues de l’avocat de demain?

Le 8 octobre dernier, les étudiants d’HEAD ont eu l’honneur d’accueillir au sein de l’école Maître Emmanuel Brochier, Associé du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier, ainsi que Maitre David Gordon Krief, Associé du Cabinet SBKG, qui ont animé réflexions et échanges sur les compétences attendues par l’avocat de demain.

De cette conférence-débat ont émergé en particulier les deux pistes de réflexion suivantes.

L’avocat est-il un entrepreneur ?

Si traditionnellement cette idée pourrait se révéler comme choquante, dans la mesure où un avocat est marqué l’indépendance et son désengagement dans la gestion, les invités ont proposé une vision plus pragmatique et proche de la réalité.
De nos jours, cette dimension entreprenariale apparait comme une nécessité pour l’avocat. Cela se caractérise avant tout dans la recherche de clients, devenue requise au regard de l’évolution et de l’ouverture de notre société, où la concurrence ne cesse de s’accroitre.
A cet effet,’avocat se doit de communiquer, se distinguer et se faire connaître, notamment par le biais de « l’identité numérique » propose Maître Emmanuel Brochier.

Maître David Gordon Krief parle « d’entrepreneur libéral » désormais, dans le sens où l’avocat a la responsabilité de faire fonctionner une entreprise. En effet, le cabinet d’avocat constitue bien une entreprise, selon lui : on y développe du service et de l’emploi. Les professions libérales et leurs structures représentent 1,6 million de salariés soit 11% des salariés en France), les avocats et plus largement les professions libérales deviennent une véritable « force sociale ».
Outre cet aspect, il y a une réelle nécessité à savoir se structurer pour mieux fonctionner, l’entreprenariat permettant alors de s’ouvrir des horizons et de devenir plus efficace.

La démonstration est ainsi faite pour l’avocat d’aujourd’hui et celui de demain d’intégrer une dimension d’entreprise, sans « perdre son âme » et en gardant une éthique de la défense propre à la profession, le dévouement à la cause du client étant fondamental.

L’inflation législative des dernières décennies a engendré un véritable « millefeuille législatif », qui pousse par conséquent l’avocat vers la spécialisation et le morcellement du droit.

 L’hyperspécialisation, atout ou danger ?

Aujourd’hui, tout est plus complexe, les textes changent tous les jours, on se trouve dans une « course folle » vers la multiplicité des règles et l’avocat doit nécessairement être un technicien.

La spécialisation présente alors l’avantage de pouvoir rassurer le client, mais on se retrouve alors à être moins juriste que technicien.

Il va être alors nécessaire d‘acquérir avant tout une culture générale très large et une maitrise des matières essentielles qui touchent aux fondamentaux du droit. Le danger de l’hyperspécialisation réside principalement dans le fait de ne connaître que d’une matière déterminée, tout en étant incapable de pouvoir rebondir en dehors de celle-ci. En effet, l’avocat se doit d’avoir une vision transversale pour mieux comprendre la réalité de la problématique qui lui est posée, David Gordon Krief établit notamment un rapprochement avec la médecine, où les bons spécialistes sont avant tout de bons généralistes.

 

par Tom Santoni, promotion 2014-2015

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