Conférence : La passion de la défense

Mercredi 15 octobre, l’école HEAD a eu le privilège d’accueillir Maître Matthieu Brochier, Associé au Cabinet Darrois Villey Maillot Brochier et ancien Secrétaire de la conférence (2009), Maître Paul Fortin, Premier Secrétaire de la Conférence et Avocat au Cabinet Paul Fortinet et Maître Alexandre Vermynck, ancien Premier Secrétaire de la Conférence (2013) et Avocat au Cabinet Weil, Gotshal & Manges LLC.

Ces trois avocats ont en commun d’avoir « la défense dans la peau » et d’incarner le « jeune barreau ». Ils ont su nous faire partager leurs premiers contacts avec la justice.

Une image sublimée de lavocat pénaliste

La réalité du métier d’avocat pénaliste est, à plusieurs égards,éloignée de l’image véhiculée par la fiction qui alimente aujourd’hui l’inconscient collectif.

L’avocat ne doit pas seulement être un « Ténor du barreau ». La plaidoirie ne constituerait qu’une faible partie des affaires pénales ; environ dix pour cent selon Maître Brochier.

A ce titre, la définition de l’éloquence fait consensus parmi ces trois jeunes avocats. Davantage un moyen qu’une fin, l’éloquence est avant tout la capacité à toucher et convaincre son auditoire. Selon Me Alexandre Vermynck l’orateur est celui qui est « ancré dans l’empathie » et non celui qui s’écoute parler ». Cette force de persuasion requiert alors non seulement un vocabulaire choisi mais surtout, une solide connaissance du dossier en amont et une grande capacité d’écoute.

La dimension psychologique dans le procès pénal reprend alors son importance. La solution est souvent moins mécanique que ne laisserait penser la technicité du Droit. L’aléa judiciaire existe et la réponse pénale peut être influencée par autant d’éléments externes que l’humeur du juge, l’heure du délibéré etc…

Une relation humaine privilégiée avec le client

La relation entre l’avocat et son client est une relation empreinte de confiance. Quel que soit le stade de la procédure, l’avocat endosse tout à la fois le rôle de confident, conseiller, défenseur. L’avocat, selon Maître Brochier, va parfois jusqu’à s’improviser « orthophoniste » lorsqu’il entraîne son client à répondre à une série de questions. En définitive, et pour reprendre la comparaison de Maître Fortin, à l’instar du « médecin ou du prêtre » de la famille, le métier d’avocat pénaliste est avant tout un métier à dimension humaine. La seule technicité ne suffit pas.

Soucieux de préserver la nature de cette relation et conscients des enjeux qui s’y adjoignent, les jeunes avocats se battent aujourd’hui pour le respect du secret professionnel ainsi que pour un meilleur accès au dossier dès les premiers stades de l’enquête et notamment lors de la garde à vue.

Pour autant, la position de l’avocat vis-à-vis de son client est délicate. En tant que conseil, l’avocat se doit de défendre au mieux les intérêts de son client. En tant que mandataire, il se doit respecter leur libre-arbitre. Comment concilier ces deux impératifs? Est-il possible de nier ce qui parfois relève de l’évidence? A cette question la réponse est nuancée car la capacité du client à accepter la réponse pénale joue là un rôle essentiel.

par Marion Fourcade, promotion 2014-2015

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