Conférence : L’avocat et la communication

Le 19 avril 2016, l’école HEAD a tenue la conférence « L’avocat et la communication», animée par Maître Emmanuel Brochier avec pour inviter Madame Anne Méaux (  présidente fondatrice de l’agence de communication Image Sept )

 

 

 

Anne Méaux, présidente fondatrice de l’agence de communication Image Sept

 

 

 

Maître Emmanuel Brochier, avocat associé fondateur du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier.

 

Selon Maître Brochier, la communication est devenue incontournable d’une part pour le client et d’autre part pour l’avocat. Pour le client, la communication est un outil qui s’utilise lors des grands procès mais aussi lors des affaires financières. Dans l’affaire Bettencourt, citée à titre d’exemple, les avocats et les clients se sont beaucoup exprimés dans les médias, peut-être trop. Le silence d’une partie pourrait être analysé comme un aveu de faiblesse, face aux nombreux articles. Mais une mise en garde a été apportée par Madame Anne Méaux: « L’avocat doit communiquer avec les médias sans oublier que son interlocuteur final n’est personne d’autre que le juge! La communication est un instrument: si on défend une cause, un individu, on ne peut pas s’en priver. Il faut apprendre à s’en servir ».

La communication, selon Madame Méaux, sert plus à protéger qu’à vendre. Elle intervient « en temps de paix et en temps de guerre», c’est-à-dire lors d’une opération d’acquisition ou lors d’une affaire judiciaire rendue publique, comme Jérôme Kerviel. Pendant ces périodes, il est indispensable d’avoir une unicité de message. Il faut que les communicants travaillent avec les avocats sur ce qui protégera et servira les clients. L’improvisation n’a aucune place dans ces « périodes de crise ». Elle ne se subit pas, mais se prépare. C’est ainsi que les agences de communications et les cabinets d’avocats préparent des sessions de Q&A (Questions & Answers) pour préparer au mieux leur client, qui sera soumis à l’exposition des journalistes. A quel moment, qui doit parler, sur quel support, quel est le message ? Ce sont les questions essentielles que pose la communication.

Un autre débat s’est créé sur la communication du cabinet d’avocat. L’avocature est liée à une déontologie stricte mais la profession connait un changement très profond. Autrefois, le moindre article dans la presse entrainait un rappel à la délicatesse adressé par le bâtonnier du barreau. Aujourd’hui, le Conseil National des Barreaux a publié un « Vade-mecum de la communication des avocats: les règles et usages ». Aujourd’hui, l’avocat doit se faire connaître. Ce vade-mecum autorise une publicité ouverte, qui peut notamment passer par un flocage de voiture avec les coordonnées du cabinet, ou encore des jetons de caddie de supermarché. Madame Anne Méaux, qui a souligné qu’il ne faut pas confondre communication et publicité, est très réticente face à procédés et considère qu’ils ne seront pas un moteur d’excellence et d’ambition pour les avocats. « Cette publicité aurait pour conséquence de casser les prix et de fournir une prestation non pas reconnue pour son expertise mais pour son prix défiant toute concurrence ». Pour Madame Méaux, un avocat doit savoir parler à certains journalistes afin d’intervenir dans la presse avec pour seul but d’apporter une expertise juridique et non pas une opinion personnelle. Le deuxième conseil est celui d’écrire des tribunes spécialisées afin d’avoir des connaissances dans un domaine précis de sa spécialité et être reconnu dans celle-ci.  Enfin, la communication du cabinet passe avant tout par les clients satisfaits qui recommanderont celui-ci à leur entourage.

Les deux conférenciers ont souligné qu’un avocat qui parle à un journaliste doit être prudent, ne le faire qu’avec l’accord du client, éviter la technicité et faire passer des messages simples.

Cette conférence passionnante a ainsi permis aux étudiants de l’école HEAD de mesurer l’importance du rôle de la communication dans la profession d’avocat. Nous remercions vivement Madame Méaux et Maître Brochier pour leur intervention au sein de l’école et nous garderons en mémoire ces conseils avisés.

 

   Marie-Caroline MAILLARD, Etudiante à l’école HEAD au sein du Mastère Fiscalité Internationale

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