Revivez la conférence HEAD : La fonction juridique en entreprise, une nouvelle approche !

Le Juriste en Entreprise: un Allié pour créer de la Valeur !

“The first thing we do, let us kill all the lawyers!”

C’est avec cette provocante citation de W. Shakespeare, que Pierre Charreton, Directeur juridique et Secrétaire général d’AREVA a ouvert sa passionnante intervention pour HEAD.

Mercredi 5 février, au-delà des étudiants de l’école restés tardivement sur le campus, de jeunes juristes de tous horizons affluèrent pour écouter la force de conviction et la dynamique d’entreprise insufflées par Pierre Charreton.

La fonction juridique en entreprise 

 La relation entre droit et entreprise est paradoxale : l’objet social de l’entreprise n’est pas de faire du droit, cependant, le droit est omniprésent dans la vie de l’entreprise. Cette présence de la dimension juridique à tous les niveaux d’activité peut être mal vécue par les dirigeants d’entreprise.

Pour eux, droit rime avec inflation législative, technicité réglementaire et judiciarisation de la vie des affaires. Sans parler de la multiplication des instances de régulation internationales.

La méfiance envers le droit résulte souvent de la méconnaissance de celui-ci ; le dirigeant s’est formé pour devenir un expert en marketing, finance, R&D,… pour être en mesure de prendre les meilleures décisions. L’absence de maîtrise du droit constitue une limite à sa souveraineté de décision : il doit faire appel à un expert juridique. De ce fait, l’intégration du juriste au sein de l’équipe dirigeante implique de dépasser une relation potentiellement conflictuelle.

La fonction juridique c’est un moteur à trois temps pour :

  • Questionner : Le juriste doit poser des questions sur les produits, les concurrents et les difficultés.
  • Clarifier : Le juriste a pour mission de détecter, recenser et apprécier la demande juridique de l’entreprise ; il identifie pour chaque sujet, la(es) question(s) juridique(s) qu’elle(s) soi(en)t d’une ampleur considérable ou limitée.
  • Solutionner : Le juriste restitue, auprès des dirigeants, la problématique juridique dans sa réalité ; ensuite, il s’efforce de les convaincre de la direction à prendre.

«Je vais vous expliquer, c’est très simple !» résuma Pierre Charreton.

Au cœur de l’organigramme, le directeur juridique doit devenir le point de cohérence entre les acteurs essentiels : direction générale et de la stratégie, direction du marketing et direction de la finance.

Le défi du directeur juridique ? Devenir ce véritable business partner que l’on sollicite pour ses qualités de pédagogue et avec qui on aime bâtir des solutions.

Sur cette mission universelle, se greffent les spécificités liées à la culture juridique de l’entreprise.

La culture juridique de l’entreprise

La première préoccupation de Pierre Charreton, quand il intègre une nouvelle direction juridique est d’appréhender la culture juridique de celle-ci.

Il la définit à partir d’une cartographie des principales fonctions de l’entreprise au sein de laquelle s’insère la direction juridique comme un point de référence et de cohérence.

La position et la distance de la fonction juridique par rapport à ce point de référence permettent de mesurer l’importance du facteur juridique dans la stratégie globale de l’entreprise et, de ce fait, révèlent la culture juridique.

Il ne s’agit pas de conférer une place hégémonique au droit  mais de souligner la transversalité du droit, qui permet d’appréhender la stratégie de l’entreprise dans son ensemble.

La fonction juridique implique une mise en perspective et constitue un éclairage déterminant pour les orientations stratégiques de l’entreprise.

Droit et dynamique entrepreneuriale sont bel et bien indissociables.

 

Directeur juridique et Secrétaire général d’AREVA

Puisant dans son expérience personnelle, Pierre Charreton illustra son propos. « En matière de droit de la concurrence, j’étais confronté chez France Telecom à des problématiques de droit de la consommation alors que pour AREVA, il s’agit principalement d’abus de positions dominantes et d’ententes ».

La direction juridique d’AREVA mobilise 160 juristes. La mission du directeur juridique consiste à gérer les ressources internes et externes du groupe et à développer des synergies. Résumée en quelques mots, sa conviction est « Préférence pour les ressources internes – Subsidiarité et Complémentarité pour les ressources externes. »

A l’intention des jeunes juristes intéressés par AREVA, Pierre Charreton a présenté sa vision du pilotage des ressources internes. « Il s’agit de sélectionner, d’acquérir, d’organiser et d’évaluer les ressources ».

Les ressources juridiques internes d’AREVA s’organisent en trois pôles d’expertise principaux :

  • L’expertise « groupe et stratégie » qui incluent les fonctions régaliennes et le droit des sociétés
  • L’expertise « métier » selon les secteurs, par exemple le secteur minier ou des énergies renouvelables
  • Les juristes pays, ces experts du droit local

 

« Chaque jour, il appartient au directeur juridique de démontrer la valeur ajoutée délivrée par les juristes à l’entreprise » conclut-il

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